L’équation gagnante : réconcilier humain et performance
La conférence de Sacha Rosenthal, PDG de XEFI, a marqué les esprits lors de l’assemblée générale 2025 du comité régional des GEIQ AuRA. Son approche, loin d’être classique dans le monde économique, se distingue par la place centrale accordée à l’humain – valeur essentielle pour les GEIQ – tout en intégrant pleinement la performance. Ce point a nourri de riches échanges et débats avec le public. Contrairement aux idées reçues, s’engager au sein des GEIQ ne signifie pas renoncer à la croissance.
Performance économique et considération de l’humain : faut-il vraiment choisir ?
La « recette » XEFI pour une performance durable
Lors de son intervention, Sacha Rosenthal a rappelé les piliers pour un impact maximum : aller à l'essentiel, privilégier le rythme, l'organisation, la rapidité et l'exécution.
Au-delà de cette approche pragmatique, il a insisté sur un point essentiel : une entreprise performante place l’humain, l’engagement et les valeurs au cœur de sa stratégie.
« Les valeurs d’entreprise ne sont pas le sel et le poivre, mais bien la recette d’une entreprise performante » a-t-il souligné.
Selon lui, il faut se concentrer sur l’essentiel : « Arrêtons la stratégie, occupons-nous de l’exécution et de la pratique des valeurs. »

Dissiper le mythe : être à but non lucratif et performant financièrement sont compatibles
Les participants à l’assemblée générale ont accueilli cette vision avec intérêt, mais ils ont aussi souligné que les GEIQ sont des associations à but non lucratif. Certains se demandent si ce modèle est pertinent pour eux.
Manuel Colombino, animateur du réseau, a souligné qu’être une structure à but non lucratif ne signifie pas qu’une structure ne peut pas gagner d’argent. Le PDG de XEFI estime que l’argent sert justement la cause, c’est son utilisation qui lui rend son sens. Amplifier son modèle économique et sa performance permet d’accroître l’impact social de l’association.
L'épanouissement de tous : la condition sine qua non de la réussite collective
Améliorer la prise en compte des collaborateurs est crucial pour Sacha Rosenthal. Il exige des salaires dignes et des emplois de qualité.
C’est pourquoi les différences de salaire entre hommes et femmes n’existent pas chez XEFI. Il insiste sur le niveau d’exigence demandé à ses équipes. Pour lui, « on ne peut pas être exigeant, si l‘emploi n’est pas intéressant ». Un bon emploi, ne se limite pas à une rémunération. C’est un aspect fondamental pour que les gens s’engagent.
La motivation passe aussi par l’évolution possible au sein de l’entreprise, la mobilité et la reconnaissance.
Son objectif n’est pas que les cadres performent, mais que tout le monde soit épanoui. L’épanouissement est lié à la performance dans le sens de se sentir au bon endroit pour pouvoir réussir sa mission. Et par conséquent, alimenter l’économie qui, à son tour, finance le bien-être des salariés. On entre alors dans un cercle vertueux.
L'économie au service de la durabilité : un business model incontournable, y compris pour les Geiq
À ses yeux, toutes les structures, dont les Geiq, s’appuient sur une économie.
Le but est sans doute différent de celui d’une entreprise, mais l’organisation et la méthode sont identiques.
Dans tous les cas, un business model est nécessaire. En effet, les notions de modèle économique et de performance durable sont incontournables quel que soit le domaine. On parle de durabilité pour les hommes et femmes qui la composent, mais aussi en termes d’impact économique, social…
Sacha Rosenthal croit en la transmission et la formation des jeunes. Il a d'ailleurs fondé la XEFI ACADEMY qui forme aux métiers du numérique. Environ 12% d’alternants chez XEFi deviennent leurs futurs collaborateurs et nombreux sont ceux qui ont fait carrière dans le groupe. C’est aussi cela la durabilité : garder et fidéliser les talents pour pérenniser les emplois.
La réussite de XEFI depuis près de 30 ans démontre que la croissance économique est loin d’être contradictoire avec la prise en compte de l’humain. L’approche est similaire pour les associations. Ces dernières doivent changer de paradigme si elles veulent survivre.
Comment intégrer ce modèle économique à l’engagement des Geiq ?
L'humain au cœur de tout : la stratégie XEFI applicable au modèle Geiq
L’exposé de Sacha Rosenthal a forcément soulevé des interrogations au sein de l’assemblée : peut-on appliquer cette stratégie au modèle Geiq, basé sur la gouvernance participative, avec des valeurs fortes d’insertion. Si oui, comment ?
Le PDG de XEFI est catégorique : les valeurs guident l'action et l’économie sert la cause, car "l'humain est au cœur de tout."
Pour qu’une organisation prospère dans tous les sens du terme, l’important est de se concentrer sur l’augmentation des compétences dans les domaines essentiels.




Apprendre à déléguer pour mieux s'engager
Les chefs d’entreprises qui adhèrent aux Geiq se posent la question suivante : comment m’engager à côté de mon entreprise et tout concilier, engagement et développement ?
Comme il le dit si justement : « C’est quoi le retard ? On peut ne jamais s’arrêter. »
Faire un pas de côté est pourtant essentiel pour prendre du recul.
Il faut donc apprendre à déléguer et faire confiance.
Il s’agit d’intéresser les collaborateurs et de les impliquer.
Pour cela la mise en place de process est indispensable. Une méthodologie simple mais partagée permet que chacun et chacune prennent ses responsabilités. Transmettre, structurer, partager, former sont les clés pour une gestion sereine. Sacha Rosenthal l'a expérimenté concrètement : pour assurer ses accompagnements bénévoles il a été obligé d'analyser ses façons de faire, de structurer sa pensée et son discours. Cette formalisation l'a lui même fait progresser.
Il plébiscite la transparence, un aspect primordial de la gestion des Geiq et valorise également le succès par l’apprentissage. Fêter ce qui marche et l’écrire.
De là est issue sa méthode.
La puissance du collectif et de l'amélioration continue
Accompagner ses équipes, c’est aussi se transformer soi-même. On voit ce qui fonctionne, on s’en inspire. Ce que l’on donne au collectif fait évoluer l’entreprise, grâce à la réflexion et à l’échange avec ses pairs.
Tous les dirigeants engagés dans des associations progressent. Pour Sacha, c’est « lorsqu’on est enfermé sur soi-même et son système qu’on ne progresse pas ». Il l'a observé dans son propre groupe : ceux qui performent sont ceux qui participent aux séminaires et aux formations au siège. Ceux qui ne viennent pas, par manque de temps, restent à la traîne.
« Moins on se connecte aux autres, moins on grandit et moins on performe. » Sacha Rosenthal
Sa stratégie, applicable à toute entreprise, se résume en trois points :
- définir clairement les valeurs de l’entreprise et sa réputation.
- s’assurer que l’offre contribue à l’enrichissement de l’organisation, pas seulement sur le plan financier, en observant ses différents impacts.
- identifier ses points forts et s’entraîner à traiter les objections.
« Moins on se connecte aux autres, moins on grandit et moins on performe ».
Sacha ROSENTHAL, PDG de XEFI

L’intervention de Sacha Rosenthal à l’assemblée générale 2025 du comité régional des Geiq AuRA a secoué les esprits.
Le PDG de XEFI l’a affirmé avec force : performance économique et engagement social ne s’opposent pas. Ils se renforcent.
Efficacité, organisation, performance durable : ces outils servent la cause sociale, pas seulement les entreprises lucratives. Trop souvent, les associations se limitent elles-mêmes, freinées par des croyances ou des pratiques qui restreignent leur impact.
Sacha Rosenthal lance un véritable défi aux Geiq, dont l'ADN est intrinsèquement lié à l'insertion et à l'humain. Il les encourage à repenser leur modèle économique pour amplifier leur impact social.
S’ils apprennent à déléguer, structurer leurs processus et surtout, se connecter aux autres – l'essence même du réseau des Geiq – les dirigeants engagés peuvent non seulement assurer la pérennité de leurs actions, mais aussi progresser personnellement et collectivement.
La clé ? Une mission claire, une exécution sans faille et une conviction : l’humain est au cœur de tout.
La performance et l'argent ne sont pas des finalités. Ce sont des moyens pour maximiser l’impact de la mission des Geiq.
